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Portage salarial

Portage salarial sans mission : que faire entre deux missions ?

31 juillet 2026

La fin d'une mission ne met pas forcément fin au contrat de travail : l'intermission doit être anticipée avec votre réserve, vos opportunités et vos droits.

Quand une mission se termine sans que la suivante soit signée, une question se pose immédiatement : « comment vais-je me rémunérer le mois prochain ? ». En portage salarial, la fin d'une mission ne met pas forcément fin au contrat de travail. Elle ne crée pas non plus un salaire automatique.

L'intermission désigne cette période entre deux missions. Pour bien la traverser, il faut regarder trois choses : les sommes disponibles sur votre compte d'activité, les perspectives réelles de nouvelle mission et le moment où il devient préférable de mettre fin au contrat pour faire valoir vos droits à l'assurance chômage.

Sommaire

Intermission, fin de mission et fin de contrat : trois situations différentes

Une mission s'arrête lorsque la prestation convenue avec le client est terminée ou interrompue. Votre contrat de travail avec la société de portage peut, lui, continuer. C'est notamment le cas en CDI.

Vous restez alors salarié porté, mais vous n'avez plus de chiffre d'affaires généré par une prestation. Le portage salarial repose sur l'autonomie du consultant : il recherche ses clients, négocie ses missions et organise son activité. La société de portage n'a pas l'obligation de lui fournir une nouvelle mission. La convention collective le rappelle explicitement.

Cette distinction change tout. En CDI, la fin de mission ouvre une période d'intermission, pas une indemnisation chômage immédiate. En CDD, la fin de la mission coïncide en principe avec la fin du contrat de travail : le consultant peut alors examiner tout de suite ses droits auprès de France Travail.

Sans mission, êtes-vous payé ?

Une période sans prestation auprès d'un client n'est pas rémunérée comme une période de mission. En CDI, une réserve financière est constituée sur le compte d'activité : elle représente chaque mois 10 % du salaire brut versé. Elle sert à absorber une baisse de revenu ou une absence de rémunération pendant les périodes sans activité. Convention collective du portage salarial

Pour reprendre les éléments qui composent votre rémunération, consultez notre guide pour comprendre son salaire en portage salarial.

Il faut bien comprendre l'origine de ce financement. Quand un consultant se verse un salaire pendant l'intermission, celui-ci est financé par les sommes disponibles sur son propre compte d'activité : la réserve financière obligatoire et, s'il existe, le solde complémentaire qu'il a choisi de laisser disponible. Ce n'est pas un salaire supplémentaire avancé par la société de portage en l'absence de chiffre d'affaires.

Le Code du travail impose le versement mensuel d'une indemnité de prospection, égale à 5 % du salaire brut. Cette indemnité est versée avec le salaire pendant la mission. Elle n'est pas placée à part pour financer la recherche de la mission suivante. En pratique, les consultants commencent souvent à prospecter sérieusement dans les dernières semaines de leur mission, alors que cette indemnité a déjà été versée chaque mois avec leur rémunération.

À la fin de la mission, il n'y a donc pas de nouvelle indemnité de prospection à percevoir. Pour se verser un salaire pendant l'intermission, le consultant ne peut compter que sur les sommes disponibles sur son compte d'activité : réserve financière obligatoire et éventuel solde complémentaire.

Dès le début de mission, choisir entre salaire immédiat et marge de manœuvre

En CDI, la réserve financière obligatoire représente 10 % du salaire brut versé chaque mois. Ce taux n'est pas un choix à arbitrer. La décision du consultant porte sur le reste des sommes disponibles : les transformer immédiatement en salaire ou en laisser une partie sur le compte d'activité pour disposer d'une marge complémentaire.

Vous pouvez choisir de maximiser votre salaire mensuel si votre priorité est le revenu immédiat. Une part plus importante du chiffre d'affaires est alors transformée en salaire, ce qui limite le solde supplémentaire laissé sur le compte d'activité, au-delà de la réserve obligatoire. Ce choix peut convenir si votre activité est stable ou si une nouvelle mission est déjà sécurisée. Il vous laisse en revanche moins de marge si un client réduit une mission, reporte un démarrage ou si la recherche de la suivante prend plus de temps que prévu. Il réduit aussi votre capacité à alimenter un PEE avant une éventuelle rupture du contrat et à bénéficier ensuite des règles et avantages fiscaux applicables à cette épargne.

Vous pouvez aussi conserver un solde complémentaire sur votre compte d'activité. Cette décision réduit le salaire immédiatement versé, mais elle s'ajoute à la réserve obligatoire pour financer plus longtemps un salaire pendant l'intermission. Elle peut également vous donner le temps de choisir entre une nouvelle mission, le maintien du CDI ou une rupture du contrat.

Votre conseiller doit vous aider à mesurer ce que le solde complémentaire disponible change : revenu versé chaque mois, durée pendant laquelle vous pouvez vous rémunérer en fin de mission, dates de vos charges personnelles et calendrier réaliste de recherche.

Choix pendant la mission

Effet immédiat

Ce que cela change à la fin de mission

Se verser le maximum possible

Revenu mensuel plus élevé

Peu de solde complémentaire en plus de la réserve obligatoire

Garder davantage sur le compte d'activité

Revenu mensuel plus faible

Solde complémentaire pour financer des salaires pendant la recherche

Préparer une épargne salariale

Revenu immédiatement disponible réduit selon l'option retenue

Des choix de déblocage ou de conservation peuvent exister après la rupture, à vérifier avant décision

Faire le point sur les opportunités et décider

Dès que la fin de mission est connue ou probable, faites le point sur le solde disponible, les factures encore attendues, les congés acquis, vos dépenses personnelles et la date à laquelle votre réserve et votre solde complémentaire ne permettront plus de vous verser le salaire visé. Ce bilan fixe l'horizon de prospection et la date du prochain point de décision.

La prospection doit ensuite être suivie avec des éléments concrets : clients ou anciens collègues relancés, profil réactivé sur les plateformes et jobboards pertinents, opportunités réellement qualifiées, entretiens, proposition envoyée, décision attendue et date prévisionnelle de démarrage.

Dans les activités de conseil, une opportunité peut prendre quelques semaines entre la sélection d'un profil et la contractualisation. S'il n'y a ni entretien, ni demande de client, ni date de démarrage, il faut arbitrer entre le maintien du CDI et sa rupture afin de faire valoir, si les conditions sont réunies, ses droits à l'indemnisation ARE.

Prévoyez dès le début de l'intermission un point de décision avec votre conseiller. Ce rendez-vous ne sert pas à vous dire de « continuer à chercher ». Il doit permettre de répondre à une question précise : les opportunités en cours, comparées à la réserve disponible, justifient-elles encore le maintien du CDI ?

Le plan peut être le suivant. Dans les trois premiers jours, vous fixez le revenu que vous devez conserver et la date à laquelle la réserve ne le financera plus. Pendant la première semaine, vous relancez les clients, les anciens collègues et les partenaires qui peuvent réellement vous positionner, et vous réactivez votre profil sur les plateformes et jobboards adaptés à votre métier. La deuxième semaine, vous écartez les pistes sans budget, sans interlocuteur décisionnaire ou sans date de démarrage.

Maintenir le CDI ou y mettre fin : comment décider ?

Maintenir le CDI peut avoir du sens si vous disposez d'une réserve suffisante et si la probabilité de signer rapidement une nouvelle mission est crédible : un client a validé le besoin, vous êtes en phase finale de sélection ou la date de démarrage est proche. Vous pouvez alors conserver le CDI jusqu'à la signature ou au démarrage de cette mission.

Si le pipeline reste vide, que les pistes sont lointaines ou que la réserve ne permet plus de financer le revenu nécessaire, il faut étudier la fin du CDI. La fin d'une mission ne suffit pas à ouvrir les droits à l'assurance chômage : le contrat de travail doit être rompu dans des conditions qui y ouvrent droit. Une rupture conventionnelle ou un licenciement peuvent, selon la situation, permettre d'examiner l'ouverture des droits à l'ARE. Une démission ne doit pas être traitée comme une solution équivalente sans analyse spécifique.

Pour le détail des règles applicables à l'indemnisation, consultez notre article sur l'assurance chômage en portage salarial.

Situation observée

Décision à examiner

Mission presque finalisée, date de démarrage crédible et réserve suffisante

Maintenir le CDI jusqu'à la décision client

Plusieurs pistes, mais aucun calendrier ou budget confirmé

Fixer un délai court et un prochain bilan documenté

Pas de piste qualifiée, réserve bientôt insuffisante

Étudier les conditions et le calendrier d'une fin de CDI

CDD arrivé à son terme

Vérifier immédiatement les documents de fin de contrat et les droits éventuels auprès de France Travail

Cette décision est personnelle. Elle dépend de vos droits acquis, de votre besoin de revenu, de la composition de votre foyer, du niveau de réserve et de la qualité réelle des opportunités. Nexoris peut préparer une projection, mais France Travail reste seul compétent pour notifier le montant, la durée et la date de début de l'indemnisation.

En CDD, la fin de mission met fin au contrat

En CDD de portage, le contrat est conclu pour la durée de la mission. Lorsque cette mission arrive à son terme, le contrat de travail prend fin : il n'y a pas de CDI à maintenir ni de décision à prendre sur une éventuelle rupture conventionnelle.

La priorité est alors différente. À la fin du CDD, le compte d'activité est intégralement soldé. Il faut ensuite obtenir les documents de fin de contrat, vérifier le solde de tout compte et s'inscrire immédiatement à France Travail si les droits acquis sont suffisants. Le consultant peut continuer sa prospection ou démarrer une nouvelle mission, mais il n'a pas à attendre la fin d'une réserve financière pour engager ses démarches d'indemnisation.

Notre guide sur la prime de fin de contrat en CDD précise ses conditions de versement et son provisionnement en portage salarial.

Avant une rupture de CDI, vérifier aussi les congés et l'épargne salariale

Une fin de contrat ne se prépare pas uniquement en regardant l'ARE. Les congés payés acquis mais non pris sont versés sous forme d'indemnité compensatrice au solde de tout compte. Cette indemnité peut repousser le début de l'indemnisation chômage par un différé « congés payés », dans la limite prévue par les règles en vigueur. France Travail détaille les délais qui peuvent se cumuler.

Avant de fixer la date de rupture, vérifiez avec votre conseiller s'il est préférable de prendre vos congés payés. La réponse dépend de votre préavis, de vos droits acquis et de votre projet de reprise d'activité.

Le solde de tout compte permet ensuite de vérifier les sommes dues lors de la rupture.

Le même raisonnement vaut pour le PEE ou le PERCOI lorsqu'ils sont disponibles dans votre entreprise de portage. Une rupture du contrat de travail peut notamment constituer un cas de déblocage anticipé du PEE. Service-Public.fr

Les sociétés de portage ne permettent pas forcément d'investir dans un PEE ou un PERCOI à tout moment. Les versements sont souvent ouverts pendant des périodes fixes de l'année. Si vous envisagez une rupture de contrat, rapprochez-vous de votre conseiller suffisamment tôt pour connaître le calendrier, les plafonds, l'abondement éventuel et les règles fiscales applicables.

Ce que Nexoris Portage peut vous aider à décider

Votre conseiller ne décide pas à votre place. Il vous explique ce que chaque choix change pour votre salaire, votre réserve et vos droits à l'ARE.

Avant la fin d'une mission, Nexoris peut faire le point avec vous sur le compte d'activité, la réserve disponible, le revenu que vous souhaitez conserver et les échéances à venir. Pendant l'intermission, cet échange peut être mis à jour avec les opportunités réellement engagées et leur calendrier. Si une rupture devient pertinente, il faut aussi regarder les congés payés, les dispositifs d'épargne salariale disponibles et la visibilité attendue sur l'indemnisation.

Chez Nexoris, vous échangez avec un interlocuteur unique pour faire le point sur votre compte d'activité, votre réserve, les congés à prendre et les choix à préparer avant une éventuelle rupture. Vous pouvez aussi accéder aux opportunités de l'écosystème Nexoris et de ses partenaires. Cet accès ne garantit pas l'obtention d'une nouvelle mission. Découvrir les avantages Nexoris Portage et l'écosystème Nexoris.

Ce que nous en pensons

Le mauvais moment pour réfléchir à l'intermission est le jour où la dernière facture a déjà été envoyée. Le bon moment est dès le début de la mission, lorsque vous décidez de la part de chiffre d'affaires transformée en salaire et de celle que vous conservez pour la suite.

Un CDI de portage apporte un statut salarié, mais il ne transforme pas une période sans client en revenu garanti. La protection vient de décisions prises à temps : suivre la réserve, qualifier honnêtement les opportunités, fixer un point de décision et préparer, si nécessaire, la sortie du contrat avec les bons éléments.

Vous approchez de la fin d'une mission ou vous voulez ajuster votre réserve ? Contactez Nexoris Portage pour examiner votre situation et projeter les options possibles.

Vous pouvez aussi simuler le revenu d'une prochaine mission avant d'ajuster votre niveau de salaire mensuel.

Sources

Cet article présente des règles générales au 31 juillet 2026. Les droits à l'assurance chômage, les modalités de rupture et les options d'épargne dépendent de votre situation et des règles applicables au moment de votre demande.

Questions fréquentes

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