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Un consultant échange avec une conseillère sur le choix entre micro-entreprise et SASU.
Statuts freelance

Micro-entreprise ou SASU en 2026 : que choisir pour un consultant freelance ?

27 août 2026

La micro convient pour démarrer simplement. Avec une ARE déjà ouverte, la SASU peut au contraire être pertinente en premier, avant un nouvel arbitrage.

Les comparatifs conseillent souvent de commencer en micro-entreprise, puis de créer une SASU lorsque le chiffre d’affaires augmente. Ce parcours n’est pas automatique : la micro peut se poursuivre en entreprise individuelle au réel, sans création de société.

Avec une ARE déjà ouverte, le raisonnement peut même être inverse : la SASU peut être pertinente au démarrage, tant que le président ne se rémunère pas, puis le statut doit être réexaminé à l’épuisement des droits.

La réponse directe selon votre situation

Votre situation

Option à examiner en premier

Pourquoi

Activité qui démarre, chiffre d’affaires limité et peu de frais

Micro-entreprise

Les déclarations et les cotisations sont simples et proportionnelles aux encaissements.

ARE déjà ouverte, aucune rémunération nécessaire au démarrage

SASU à l’IS

Le président peut ne pas se rémunérer et conserver les moyens de la société pendant la phase indemnisée.

Activité appelée à dépasser le plafond micro, sans besoin de société

EI au réel

L’activité continue en entreprise individuelle, avec déduction des frais et sans formalisme sociétaire.

Recrutement, associés, investisseurs ou projet d’entreprise distinct des missions du consultant

SASU

La société par actions offre un cadre évolutif pour développer le projet.

Recherche d’un salaire, de cotisations chômage et d’une gestion déléguée

Portage salarial

La société de portage contractualise, facture et verse une paie.

Grille de décision entre micro-entreprise, SASU, entreprise individuelle au réel et portage salarial.

Trois questions structurent donc le choix : disposez-vous d’une ARE, combien comptez-vous facturer et avez-vous réellement besoin d’une société ?

La micro-entreprise est efficace tant que le chiffre d’affaires et les frais restent adaptés

La micro-entreprise — ou auto-entreprise — est une entreprise individuelle soumise à un régime fiscal et social simplifié. Les cotisations sont calculées sur le chiffre d’affaires encaissé et aucune cotisation micro-sociale n’est due en l’absence d’encaissement.

Pour une activité libérale avec peu de dépenses, ce mécanisme laisse généralement davantage de revenu immédiatement disponible qu’une rémunération de président de SASU. Les frais réels ne réduisent toutefois pas l’assiette des cotisations : déplacements, logiciels, matériel ou sous-traitance sont payés sur le revenu restant. L’avantage de la micro diminue donc lorsque les dépenses augmentent.

En 2026, le plafond applicable aux prestations de services et aux professions libérales est de 83 600 € HT. Un premier dépassement ne fait pas perdre immédiatement le régime : la sortie intervient après deux années consécutives au-dessus du seuil. Un consultant qui facture régulièrement doit néanmoins anticiper rapidement la suite. Service Public — régime fiscal de la micro-entreprise

Avec une ARE déjà ouverte, la SASU peut être le meilleur point de départ

Un consultant qui a acquis des droits ARE avant de créer son activité peut présider une SASU sans percevoir de rémunération. Il déclare son activité à France Travail et justifie cette absence de rémunération. La société conserve alors ses moyens après paiement de ses dépenses et de l’impôt, tandis que l’allocation couvre temporairement les besoins personnels du consultant.

En micro-entreprise, France Travail tient compte du chiffre d’affaires déclaré après l’abattement applicable pour déterminer le cumul avec l’allocation. Une mission facturée réduit donc l’ARE, même si le consultant supporte parallèlement des dépenses réelles.

Pour les droits ouverts après une perte d’emploi intervenue à compter du 1er avril 2025, le cumul avec une activité non salariée est en principe limité à 60 % du reliquat de droits existant au démarrage de l’activité. La poursuite sur les 40 % restants répond à des conditions spécifiques. Le calendrier exact doit être vérifié avec France Travail avant de créer la société.

La SASU ne crée toutefois aucun nouveau droit au chômage : son intérêt repose ici sur des droits acquis avant sa création.

Dépasser le régime micro n’oblige pas à créer une SASU

Lorsque le régime micro devient trop étroit, l’activité peut continuer en EI au réel : les dépenses professionnelles deviennent déductibles et les cotisations sont calculées sur le revenu professionnel.

La SASU se justifie si le consultant veut réellement structurer une société : recruter, sous-traiter régulièrement, investir, faire entrer un associé ou conserver durablement des moyens dans l’entreprise. Sans cet objectif, elle ajoute une comptabilité complète, des comptes annuels, des décisions sociales et, en cas de rémunération, la gestion de la paie.

Une personne morale distincte n’est pas indispensable pour être référencée par un client ou un cabinet : une EI au réel peut conclure des contrats commerciaux et facturer ses prestations. La SASU doit donc répondre à un besoin concret, pas à l’idée qu’une société serait nécessairement plus professionnelle.

Après l’ARE, une rémunération de SASU devient souvent coûteuse

Le président rémunéré de SASU relève du régime des assimilés salariés. Sa rémunération supporte des cotisations patronales et salariales, sans cotisation à l’assurance chômage. Sa protection maladie et retraite est plus proche du salariat que celle d’un travailleur indépendant, mais il conserve généralement moins de revenu disponible à coût total identique.

Lorsque l’ARE prend fin et que le consultant doit se rémunérer régulièrement, conserver la SASU par inertie n’est pas toujours pertinent. Les solutions à comparer sont alors :

  • la micro-entreprise, si le chiffre d’affaires reste sous son plafond ;

  • l’EI au réel, pour continuer seul avec un régime TNS et moins de formalisme sociétaire ;

  • l’EURL, si une société reste utile mais qu’une rémunération TNS devient préférable ;

  • le portage salarial, si le consultant privilégie la protection salariée et la gestion déléguée.

Notre comparatif EURL ou SASU approfondit le choix d’une société après l’ARE. Le guide portage salarial ou SASU compare la SASU à un cadre salarié cotisant à l’assurance chômage.

Les dividendes de SASU sont différés et versés après l’IS

Une distribution suppose que la SASU réalise un bénéfice, acquitte l’impôt sur les sociétés, arrête ses comptes puis fasse approuver leur affectation. Les dividendes ordinaires sont donc généralement versés plusieurs mois après la clôture de l’exercice comptable. Ils ne constituent pas un revenu disponible au fil des facturations.

Ils ne supportent pas les cotisations sociales du président, mais restent soumis à leur fiscalité personnelle et ne génèrent aucun droit à la retraite, à la prévoyance ou au chômage. Ils peuvent être intéressants si le consultant accepte de différer son revenu ; ils ne remplacent pas une rémunération mensuelle.

Ce que nous en pensons

Avec peu de frais et un chiffre d’affaires compatible avec son plafond, nous privilégierions la micro-entreprise pour démarrer. Si l’activité progresse sans besoin de société, nous poursuivrions en EI au réel plutôt que de créer automatiquement une SASU.

Avec une ARE déjà ouverte et aucune rémunération nécessaire, nous examinerions au contraire la SASU dès le départ. À l’épuisement des droits, nous rouvririons le choix : EI au réel pour rester indépendant avec moins de formalisme, EURL si une société demeure utile, ou portage pour retrouver une protection salariée et déléguer la gestion.

Nous conserverions la SASU si elle répond encore à un objectif concret : structurer une entreprise, accueillir des associés, investir ou différer une partie du revenu sous forme de dividendes après IS. Le guide général des statuts freelance replace cet arbitrage dans l’ensemble des options.

Pour chiffrer les options avec les mêmes hypothèses, utilisez notre comparateur de statuts. Si le portage fait partie des scénarios, simulez votre salaire, puis échangez avec Nexoris Portage à partir de votre chiffre d’affaires, de vos frais et de vos droits ARE.

Sources utiles

Questions fréquentes

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