Le bon statut ne se déduit pas d’un classement unique. Il dépend d’abord de quatre données : vos droits ARE déjà ouverts, le chiffre d’affaires attendu, vos frais réels et le niveau de protection sociale recherché.
On présente souvent la trajectoire suivante : commencer en micro-entreprise, puis créer une SASU ou une EURL. Elle n’est pas toujours pertinente. La micro-entreprise est un régime simplifié de l’entreprise individuelle ; lorsque l’activité dépasse son cadre, l’EI au réel peut donc en être la continuation naturelle, sans création de société. À l’inverse, lorsqu’une ARE déjà ouverte finance le démarrage, une SASU sans rémunération peut être cohérente avant de réexaminer le statut à l’épuisement des droits.
Le portage salarial répond à une autre priorité : exercer sans créer de structure, recevoir un salaire, cotiser à l’assurance chômage et déléguer l’administration de la mission.
La réponse directe selon votre situation
Votre situation | Option à examiner en premier | Pourquoi |
|---|---|---|
Activité qui démarre, chiffre d’affaires compatible avec le plafond et peu de frais | Micro-entreprise | Formalités et cotisations simples, calculées sur le chiffre d’affaires encaissé. |
ARE déjà ouverte et aucun revenu immédiat attendu de l’activité | SASU à l’IS | Le président peut ne pas se rémunérer pendant la phase indemnisée et conserver la trésorerie dans la société. |
Activité élevée, sans besoin particulier de société | EI au réel | Les frais réels sont déduits et le régime TNS peut procurer un revenu proche de l’EURL avec moins de formalisme sociétaire. |
Activité élevée et véritable besoin d’une société | EURL à l’IS | La société est distincte et la rémunération du gérant TNS coûte généralement moins cher qu’en SASU. |
Projet d’ouverture du capital, de recrutement ou d’investissement structuré | SASU | La forme par actions est adaptée à un projet d’entreprise qui dépasse la seule activité du consultant. |
Recherche d’un salaire, de droits sociaux salariés et d’une gestion déléguée | Portage salarial | La société de portage contractualise, facture et verse la paie ; le consultant cotise notamment à l’assurance chômage. |
Ce tableau donne un point de départ. Il faut ensuite vérifier le calendrier de l’ARE, le nombre de jours facturables, les dépenses professionnelles et le revenu personnel nécessaire.
La micro-entreprise est un régime de départ, pas une forme juridique à transformer
La micro-entreprise — ou auto-entreprise — est une entreprise individuelle soumise à un régime fiscal et social simplifié. Elle convient lorsque l’activité reste compatible avec son plafond et comporte peu de dépenses.
En 2026, le plafond applicable aux prestations de services et aux professions libérales est de 83 600 € HT. À 800 € comme à 1 200 € de TJM, une activité de conseil régulière peut l’atteindre rapidement. Un premier dépassement ne fait pas perdre immédiatement le régime ; la sortie intervient après deux années consécutives au-dessus du seuil.
Les cotisations de la micro sont calculées sur le chiffre d’affaires encaissé. Les dépenses réelles ne réduisent pas cette base. La micro reste donc attractive tant que les frais demeurent limités ; son avantage se réduit lorsque déplacements, sous-traitance, matériel ou autres charges augmentent.
Lorsque le régime micro n’est plus applicable, l’entrepreneur ne doit pas nécessairement créer une SASU ou une EURL. Il peut poursuivre la même entreprise individuelle sous un régime réel : ses charges deviennent déductibles et ses cotisations portent sur son revenu professionnel, non plus sur son chiffre d’affaires. C’est souvent le premier scénario à comparer.
Avec une ARE, le parcours peut commencer par la SASU
La SASU peut être pertinente lorsqu’un consultant dispose déjà de droits ARE et ne se verse aucune rémunération au titre de son mandat. Il peut alors utiliser l’allocation pour ses besoins personnels et conserver dans la société le chiffre d’affaires restant après ses dépenses et l’impôt.
Cet avantage est temporaire. Pour les droits ouverts à la suite d’une perte d’emploi intervenue depuis le 1er avril 2025, le complément d’ARE lié à une création d’entreprise est en principe limité à 60 % du reliquat de droits au démarrage. La poursuite sur les 40 % restants répond à des conditions spécifiques. La situation doit donc être vérifiée avec France Travail avant de choisir.
La SASU ne crée pas elle-même de nouveaux droits au chômage : le président associé unique n’y cotise pas au titre de son mandat. Lorsqu’il doit ensuite se rémunérer régulièrement, ses cotisations d’assimilé salarié pèsent davantage que celles d’un travailleur indépendant.
Le bon raisonnement n’est donc pas toujours « micro puis SASU ». Lorsque l’ARE détermine le lancement, le parcours peut être SASU au départ, puis nouvelle comparaison entre micro, EI au réel, EURL et portage lorsque les droits s’épuisent. Notre comparatif portage salarial ou SASU détaille cette phase de démarrage.
Après la micro, le choix se resserre souvent entre EI au réel et EURL
Pour un consultant seul qui facture durablement au-delà du plafond micro et ne bénéficie plus de l’ARE, l’EI au réel et l’EURL relèvent toutes deux du régime social des travailleurs indépendants. À hypothèses comparables, leur niveau de revenu disponible est souvent proche.
L’EURL devient utile lorsqu’une personne morale distincte répond à un besoin réel : organiser l’entrée future d’un associé, détenir certains actifs dans une société, structurer un groupe ou préparer une transmission. Pour un client ou un cabinet, une EI au réel peut pourtant être référencée et contracter comme une EURL ; la seule volonté de « faire plus professionnel » ne suffit donc pas à justifier la société.
L’EI au réel évite les statuts, le capital social et les décisions formelles de l’associé unique. Elle impose néanmoins une comptabilité réelle, des déclarations et le pilotage de la trésorerie. Elle ne doit pas être confondue avec la simplicité du régime micro.
Si vous tenez à une société, le comparatif EURL ou SASU pour un consultant freelance permet ensuite d’arbitrer entre rémunération TNS, ARE, dividendes et projet d’ouverture du capital.
Le portage salarial répond à un besoin de protection et de délégation
Le portage salarial ne maximise généralement pas le revenu net d’une activité stable par rapport à une EI au réel ou une EURL. Son intérêt est différent : le consultant reçoit une paie, relève du régime salarié, cotise à l’assurance chômage et délègue le contrat commercial, la facturation, les déclarations sociales et le bulletin de salaire.
Il évite aussi de financer seul le délai client lorsque la société de portage verse le salaire avant l’encaissement, selon ses propres conditions. Ce point compte lorsque les règlements interviennent à trente, quarante-cinq ou soixante jours.
Le portage est donc particulièrement cohérent si la protection sociale, l’accès potentiel à l’ARE entre deux périodes d’activité, la lisibilité des revenus ou le temps de gestion pèsent davantage que l’écart de revenu disponible. Pour une comparaison ciblée, consultez nos guides portage ou micro-entreprise et portage ou EURL.
Les critères qui changent réellement la décision
Critère | Micro | EI au réel | EURL | SASU | Portage salarial |
|---|---|---|---|---|---|
Chiffre d’affaires | Régime plafonné | Non plafonné | Non plafonné | Non plafonné | Non plafonné |
Déduction des frais réels | Non pour les cotisations | Oui | Oui | Oui | Selon les règles du portage |
Régime social | Indépendant, micro-social | TNS | TNS | Assimilé salarié si rémunéré | Salarié |
Droits chômage créés par l’activité | Non | Non | Non | Non | Oui, sous les conditions de droit commun |
Comptabilité et gestion | Très allégées | Comptabilité réelle | Comptabilité et juridique de société | Comptabilité, juridique et paie éventuelle | Gestion administrative déléguée |
Atout principal | Simplicité de démarrage | Continuité simple au réel | Société avec rémunération TNS | ARE au démarrage ou projet de capital | Protection salariale et délégation |
Le chiffre d’affaires et le revenu net ne suffisent donc pas. Il faut aussi intégrer le temps non facturable consacré à la gestion, le délai de règlement client, les périodes sans mission et la protection obtenue en contrepartie des cotisations.
Ce que nous en pensons
Pour tester une activité avec peu de frais, la micro-entreprise reste souvent le meilleur point de départ. Mais elle ne doit pas conduire automatiquement à créer une société : si l’activité se développe, l’EI au réel constitue une suite logique et souvent sous-estimée.
Lorsque le consultant dispose d’une ARE déjà ouverte, nous examinerions d’abord la SASU sans rémunération pendant cette phase. À l’épuisement des droits, nous rouvririons la décision au lieu de conserver la SASU par inertie : micro si le volume le permet, EI au réel ou EURL pour une activité élevée, portage si la protection salariale et la gestion déléguée deviennent prioritaires.
Enfin, nous ne créerions une EURL ou ne conserverions une SASU dans la durée que pour un avantage concret : régime de rémunération, associés, investissement, recrutement, groupe ou transmission. Le statut doit servir le projet ; il ne doit pas devenir le projet.
Pour chiffrer les options avec les mêmes hypothèses, utilisez notre comparateur de statuts. Si le portage fait partie des scénarios, simulez votre salaire, puis échangez avec Nexoris Portage à partir de votre TJM, de vos frais et de vos droits ARE.

