Pour un consultant seul, la règle pratique est assez nette : la SASU est souvent plus adaptée pendant une ARE déjà ouverte lorsqu’aucune rémunération n’est versée ; l’EURL à l’IS devient généralement plus efficace lorsque le consultant doit se rémunérer régulièrement.
La SASU conserve un avantage pour les dividendes et l’ouverture future du capital. Mais les dividendes ne sont distribués que sur le bénéfice restant après l’impôt sur les sociétés et plusieurs mois après la clôture. Ils ne remplacent donc pas un revenu mensuel.
Choisir selon l’ARE, la rémunération et le projet
Votre situation | Choix généralement le plus cohérent | Pourquoi |
|---|---|---|
ARE déjà ouverte, aucune rémunération prévue pendant plusieurs mois | SASU à l’IS | L’absence de rémunération est simple à documenter et le chiffre d’affaires peut rester dans la société. |
ARE en cours et stratégie réelle de dividendes | SASU à l’IS | Les dividendes n’entrent pas dans l’assiette des cotisations du président, mais ils ne sont versés qu’après IS et approbation des comptes. |
ARE épuisée, besoin d’un revenu régulier | EURL à l’IS | La rémunération du gérant TNS coûte généralement moins cher à la société que celle d’un président de SASU. |
Entrée prochaine d’associés ou d’investisseurs | SASU | La forme par actions facilite l’évolution de l’actionnariat. |
Activité limitée aux propres missions du consultant, sans besoin de société | EI au réel ou portage à comparer | L’EURL et la SASU ne sont pas obligatoires pour facturer une activité de conseil élevée. |
Cette réponse suppose une société détenue et dirigée par le consultant. Une holding, des salariés ou plusieurs associés appellent une analyse différente.
Pendant l’ARE, la SASU permet de différer la rémunération
Un consultant qui a ouvert des droits ARE avant de créer sa société peut présider une SASU sans percevoir de rémunération. Il doit déclarer son activité à France Travail et pouvoir justifier l’absence de rémunération. La société conserve alors son chiffre d’affaires après paiement de ses charges et de l’impôt.
Pour les droits ouverts à la suite d’une perte d’emploi intervenue depuis le 1er avril 2025, le complément d’ARE lié à une activité créée est en principe limité à 60 % du reliquat de droits au démarrage. Si aucune rémunération n’a été tirée de l’activité, la poursuite sur les 40 % restants relève de conditions spécifiques. Ce calendrier doit être vérifié avant la création.
L’EURL à l’IS peut aussi être compatible avec le maintien de droits antérieurs lorsque le gérant ne se rémunère pas. La SASU n’est donc pas la seule solution, mais l’absence de rémunération y est généralement plus simple à matérialiser. Dans les deux cas, le mandat social ne crée aucun nouveau droit au chômage.
Les dividendes sont plus souples en SASU, mais restent différés
Une distribution suppose que la société dégage un bénéfice, acquitte l’impôt sur les sociétés, arrête ses comptes puis fasse approuver leur affectation. En pratique, les dividendes ordinaires sont souvent versés quatre à six mois après la clôture de l’exercice comptable.
Ils ne sont donc calculés ni sur le chiffre d’affaires ni sur la trésorerie bancaire. Seul le bénéfice distribuable restant après l’IS peut être versé, puis soumis à la fiscalité personnelle. Ils ne créent aucun droit à la retraite, aux indemnités journalières ou à la prévoyance.
En EURL à l’IS, la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et du compte courant d’associé entre dans l’assiette des cotisations sociales du gérant. La SASU est donc plus favorable pour distribuer une part importante du bénéfice. Cet avantage reste secondaire si le consultant a surtout besoin d’un revenu mensuel.
Après l’ARE, l’EURL laisse généralement davantage de revenu disponible
En SASU, la rémunération du président relève du régime des assimilés salariés. Elle supporte des cotisations patronales et salariales, à l’exception de l’assurance chômage. Le président acquiert des droits à la maladie et à la retraite en fonction de sa rémunération, mais aucun droit ARE au titre de son mandat.
En EURL à l’IS, le gérant associé unique relève du régime des travailleurs indépendants. À coût total identique pour la société, ce régime laisse généralement davantage de revenu disponible. Bpifrance retient comme ordres de grandeur moyens environ 45 % de cotisations par rapport au revenu net d’un gérant d’EURL, contre environ 78 % du net pour un président de SASU.
Sur un budget annuel illustratif de 100 000 € entièrement consacré à la rémunération et aux cotisations, ces ratios donnent environ :
Même coût total pour la société | SASU | EURL |
|---|---|---|
Budget rémunération et cotisations | 100 000 € | 100 000 € |
Revenu net avant impôt sur le revenu | environ 56 000 € | environ 69 000 € |
L’EURL laisse ici près de 13 000 € supplémentaires, soit environ 23 % de plus que la SASU. Ce n’est pas une simulation personnalisée : le résultat dépend de la rémunération, des barèmes et de la protection complémentaire choisie. L’ordre de grandeur explique néanmoins pourquoi l’EURL devient souvent préférable lorsque le consultant se rémunère régulièrement.
Passer de la SASU à l’EURL peut être rapidement rentable
Une transformation entraîne de nouveaux statuts, une décision de l’associé unique, une annonce légale et une formalité au guichet unique. Les frais obligatoires sont généralement de quelques centaines d’euros. Un dossier simple accompagné par un formaliste ou le service juridique de l’expert-comptable reste souvent inférieur à 1 500 € ; un budget de 1 500 à 2 500 € devient plausible avec un accompagnement sur mesure ou une situation plus complexe.
Avant de décider, il faut chiffrer trois éléments : le gain annuel attendu sur la rémunération, le coût de la transformation et le traitement des bénéfices accumulés avant le changement. Une économie annuelle significative peut amortir rapidement l’opération ; quelques mois d’activité résiduelle la justifient beaucoup moins.
La transformation n’impose pas systématiquement la nomination d’un commissaire lorsque la SASU n’en a pas déjà un. Les conséquences juridiques, fiscales et sociales doivent néanmoins être validées avec l’expert-comptable ou le conseil de la société.
EURL ou SASU n’est pas toujours le véritable choix
Lorsque le consultant exerce seul et n’a besoin ni d’associés, ni de holding, ni d’une personne morale pour organiser son projet, l’entreprise individuelle au réel mérite d’être comparée à l’EURL. Elle relève elle aussi du régime TNS et peut produire un revenu disponible proche, avec moins de formalisme sociétaire.
Si la priorité est au contraire de recevoir un salaire, de cotiser à l’assurance chômage et de déléguer les contrats, la facturation et la paie, le portage salarial répond à une logique différente. Le guide général des statuts freelance aide à élargir la comparaison avant de créer ou de transformer une société.
Ce que nous en pensons
Avec une ARE déjà ouverte, la SASU peut être le meilleur cadre de démarrage lorsque le consultant ne se rémunère pas. Mais cet avantage a une date de fin. À l’épuisement des droits, conserver la SASU par inertie est rarement une bonne méthode : il faut comparer le coût d’une rémunération en SASU avec l’EURL, l’EI au réel et, si la protection salariale compte, le portage.
Pour un consultant solo qui doit se rémunérer durablement, l’EURL reprend généralement l’avantage sur la SASU. Celle-ci reste cohérente pour une stratégie réelle de dividendes après IS, une ouverture prochaine du capital ou un projet d’entreprise dépassant les seules missions du consultant.
Utilisez le comparateur de statuts avec les mêmes hypothèses de chiffre d’affaires, de frais et de revenu. Si le portage fait partie des options, simulez votre salaire, puis échangez avec Nexoris Portage.

