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Consultante indépendante comparant le portage salarial et la SASU.
Statuts freelance

Portage salarial ou SASU : quel statut choisir quand on est consultant ?

23 août 2026

Le portage est généralement cohérent pour un consultant ; la SASU se justifie surtout avec des droits ARE existants ou un projet d’entreprise.

Portage salarial ou SASU : le choix ne se résume pas à un pourcentage de cotisations ou à un montant net estimé. Il détermine la façon dont vous facturez, vous vous versez un revenu, gérez la trésorerie, préparez votre protection sociale et, le cas échéant, utilisez des droits ARE déjà ouverts.

Pour un consultant qui vend surtout son expertise et son temps, le portage salarial est généralement la solution la plus simple. La SASU devient pertinente lorsqu’elle accompagne un véritable projet de développement ou une situation temporaire particulière. Voici les critères concrets pour choisir.

En bref

  • en portage, vous restez autonome pour négocier vos missions, tout en étant salarié de la société de portage ;

  • en SASU, vous pilotez votre propre société, sa facturation, ses dépenses, sa TVA et sa trésorerie ;

  • la SASU peut être intéressante si vous avez déjà des droits ARE et n’avez pas besoin de salaire immédiat, mais cet avantage est temporaire ;

  • si le TJM ou le volume de jours est faible, la micro-entreprise peut parfois être plus adaptée que le portage ou la SASU.

Portage salarial et SASU : deux organisations différentes

Le portage salarial est prévu pour des consultants autonomes. Vous recherchez vos clients, négociez le prix et les conditions de votre prestation. La société de portage établit ensuite le contrat commercial avec le client, facture la mission et conclut votre contrat de travail. Le Code du travail définit cette relation.

En SASU, votre société signe directement avec le client. Elle émet les factures, encaisse le chiffre d’affaires, règle les dépenses et vous verse, ou non, une rémunération.

Le portage n’est donc pas une SASU avec davantage de frais. Dans un cas, vous êtes salarié de la société de portage ; dans l’autre, vous dirigez votre propre société.

Pour comprendre plus largement les différences avec la micro-entreprise et l’EURL, consultez notre comparateur des statuts freelance.

Ce que votre chiffre d’affaires vous permet réellement de vous verser

En portage, après les frais de gestion, les frais professionnels et les provisions pour congés payés et réserve financière, le chiffre d’affaires finance le salaire et les cotisations sociales. Le consultant peut donc définir avec son chargé de clientèle le niveau de salaire qu’il souhaite recevoir. Chez Nexoris Portage, lorsque le CRA validé et les justificatifs de frais sont transmis entre le 25 et le 28 du mois, le salaire peut être versé dès le 30, sans attendre l’encaissement de la facture client et sans frais supplémentaire.

En SASU, le chiffre d’affaires encaissé appartient d’abord à la société. Elle doit payer ses dépenses et la TVA due sur sa facturation. Les cotisations sociales ne sont dues que lorsque le président se verse un salaire. Il doit donc décider ce qu’il se verse et ce que la société conserve pour payer ses dépenses en cas de creux d’activité ou de retard client.

Dans les deux statuts, l’absence de chiffre d’affaires ne crée pas de revenu automatique. En portage, une éventuelle rémunération entre deux missions dépend des sommes disponibles sur le compte d’activité ; en SASU, elle dépend de la trésorerie que le président a laissée dans sa société après paiement de ses dépenses.

La différence principale concerne l’assurance chômage. Le salarié porté peut, si son contrat prend fin et s’il remplit les conditions applicables, faire valoir des droits à l’ARE. La rémunération du président associé unique de SASU ne crée pas de nouveaux droits à l’assurance chômage.

Schéma comparant le compte d’activité en portage salarial et la trésorerie d’une SASU, jusqu’au salaire net ou aux dividendes.

Salaire et dividendes en SASU

Le président de SASU peut se verser un salaire. Les cotisations sociales liées à cette rémunération sont alors globalement comparables à celles qui financent la protection sociale d’un salarié porté.

Il peut aussi, si la société dégage un bénéfice après paiement de l’impôt sur les sociétés et si les règles de distribution sont respectées, percevoir des dividendes. Les dividendes ne sont pas un salaire : ils ne sont pas disponibles chaque mois, car il faut d’abord clôturer l’exercice, déterminer le résultat et conserver la trésorerie correspondante après impôt.

Ils peuvent supporter moins de cotisations sociales qu’un salaire, mais proviennent d’un bénéfice soumis à l’impôt sur les sociétés. Ils ne créent pas non plus les mêmes droits pour la retraite ni pour l’assurance chômage. Il faut donc regarder la situation fiscale et sociale dans son ensemble, et pas seulement le taux de prélèvement apparent.

Pour un consultant qui veut surtout se rémunérer régulièrement grâce à ses jours de mission, l’intérêt des dividendes est souvent moins décisif que ce que laisse penser une comparaison rapide.

Quand des droits ARE existants peuvent rendre la SASU intéressante

La SASU peut présenter un intérêt particulier lorsqu’un consultant dispose déjà de droits ARE après la fin d’un précédent contrat de travail.

S’il peut maintenir tout ou partie de cette allocation pendant la création de sa société, ses besoins personnels sont couverts pendant les premiers mois. Il peut alors éviter de se verser immédiatement un salaire de président, laisser davantage de trésorerie dans la SASU et préparer, plus tard, une éventuelle distribution de dividendes si la société dégage un bénéfice.

Cet intérêt est toutefois temporaire. Le maintien de l’ARE dépend de la situation du consultant, des revenus qu’il déclare et des règles applicables chez France Travail. Pour les droits ouverts après le 1er avril 2025, le cumul de l’ARE avec les revenus d’une activité créée est limité à 60 % du capital de droits restant à la date de création. L’ARCE est une autre option : elle transforme une partie des droits restants en capital, mais ne se cumule pas avec le maintien de l’ARE. Voir les règles de France Travail.

Lorsque les droits ARE sont épuisés, le consultant doit à nouveau financer son revenu personnel grâce à l’activité de sa SASU. L’avantage de départ disparaît alors rapidement : la rémunération du président associé unique ne crée pas de nouveaux droits à l’ARE.

La SASU peut donc être une bonne solution de lancement pour un consultant déjà indemnisé, mais elle ne doit pas être choisie sur cette seule base pour les années suivantes.

Chronologie de l’avantage temporaire de l’ARE en SASU et du choix entre salaire et dividendes.

Retraite et assurance chômage : ce que chaque statut finance

Le salaire versé en portage salarial permet de cotiser au régime général de retraite et à la retraite complémentaire. Il participe aussi au régime d’assurance chômage. Les droits effectivement ouverts dépendent du salaire, de la durée de travail et des règles applicables au moment où le contrat prend fin.

Le président associé unique de SASU est assimilé salarié lorsqu’il est rémunéré. Il cotise notamment pour la maladie et la retraite. En revanche, sa rémunération de mandat n’est pas soumise aux contributions d’assurance chômage : elle ne lui permet donc pas d’acquérir de nouveaux droits à l’ARE.

L’absence de contribution chômage n’est pas une économie sans contrepartie. Elle correspond à l’absence de couverture chômage attachée au mandat. France Travail cite le président associé unique ou majoritaire de SAS parmi les situations exclues de cette couverture. Consultez les précisions de France Travail.

Les dividendes ne créent pas non plus les mêmes droits qu’un salaire pour la retraite et l’assurance chômage.

Frais de gestion du portage et coûts réels d’une SASU

Les frais de gestion du portage doivent être comparés à ce qu’il faut réellement financer et gérer en SASU.

Créer une SASU implique notamment de choisir un expert-comptable, une solution de facturation, une assurance responsabilité civile professionnelle et, selon votre situation, une mutuelle et une prévoyance. Il faut aussi disposer de contrats commerciaux adaptés et suivre les encaissements, la TVA, les dépenses, les salaires éventuels et la trésorerie.

Pennylane est aujourd’hui fréquemment utilisé par les experts-comptables et permet aussi d’établir des factures. D’autres solutions existent. Le logiciel ne remplace toutefois pas le travail de gestion : savoir quelles factures sont réglées, ce que la société peut verser en salaire et ce qu’elle doit conserver.

En portage, les frais de gestion rémunèrent notamment les contrats, la facturation, la paie, les déclarations sociales, le suivi du compte d’activité et l’accompagnement. Ils doivent donc être comparés au coût de ces services, mais aussi au temps que vous passeriez à les assurer vous-même. Notre guide détaille ce qui est inclus dans les frais de gestion.

Quel statut selon votre situation ?

Votre situation

Le statut à étudier en priorité

Pourquoi

Vous vendez votre expertise et voulez recevoir un salaire sans gérer votre propre société

Portage salarial

Vous restez autonome pour négocier vos missions, tout en bénéficiant de bulletins de paie, de droits sociaux et d’une gestion administrative déléguée.

Vous préparez un crédit immobilier ou une location et avez besoin de revenus salariés réguliers

Portage salarial

Le contrat de travail et les bulletins de paie donnent à la banque ou au bailleur des documents qu’ils connaissent, sans garantir à eux seuls l’acceptation du dossier.

Vous disposez de droits ARE existants et n’avez pas besoin de salaire immédiat

SASU à étudier

L’ARE peut couvrir temporairement vos besoins personnels pendant que la société conserve sa trésorerie. Cet avantage cesse avec l’épuisement des droits et la SASU ne crée pas, par elle-même, de nouveaux droits à l’ARE.

Vous voulez investir, recruter, vous associer ou développer une activité qui dépasse votre temps de consultant

SASU

La société devient un outil pour conserver du bénéfice et financer un projet d’entreprise.

Votre TJM ou votre volume de jours ne permet pas de financer le salaire minimal du portage

Micro-entreprise, si elle est adaptée à votre activité

Elle peut convenir au démarrage ou à une mission de faible volume. La SASU ne transforme pas une mission peu rémunératrice en mission économiquement solide.

La micro-entreprise est souvent adaptée pour démarrer une activité, lorsqu’il n’y a pas encore de besoin fort de protection sociale ou lorsque la mission ne génère pas assez de chiffre d’affaires pour le portage. Dès que l’activité augmente, le portage peut devenir plus pertinent : il apporte un salaire, des droits sociaux et une gestion administrative déléguée.

Quand une mission peut-elle être réalisée en portage salarial ?

Pour être portée, une mission doit permettre de financer le salaire minimal applicable au consultant. Le niveau du TJM, le nombre de jours facturés, les frais de gestion, les cotisations sociales, les congés payés, la réserve financière en CDI et les éventuels frais professionnels entrent dans le calcul.

En pratique, un TJM inférieur à 250 € rend souvent le portage difficile. Ce n’est pas un seuil légal universel : le résultat dépend du statut du consultant, du nombre de jours facturés et des frais à financer. Mais il est important d’avoir cet ordre de grandeur en tête avant d’engager le client dans un circuit contractuel.

Une mission conclue au TJM minimal permettant de financer le salaire minimal ne laisse pas de marge pour des frais professionnels non refacturés. Si le consultant prévoit, par exemple, 200 € de frais professionnels chaque mois, il doit les intégrer au calcul du TJM. Avec 20 jours facturés, cela représente déjà 10 € de TJM supplémentaire.

Notre guide sur le salaire minimum et le TJM minimal en portage salarial présente les seuils et le calcul détaillé.

Passer du portage salarial à la SASU

Il est possible de quitter le portage salarial pour créer une SASU sans interrompre nécessairement la mission. Il faut d’abord convenir avec le client, l’ESN ou le cabinet intermédiaire de la date à laquelle votre SASU remplacera la société de portage comme cocontractant.

Les deux structures ne doivent pas facturer simultanément la même prestation. La date de bascule, les derniers jours facturés en portage et le premier jour facturé par la SASU doivent être clairs.

Créer une SASU suppose ensuite de constituer la société, de choisir un expert-comptable, de disposer d’un contrat commercial adapté, de sélectionner une solution de facturation et d’organiser la gestion de la TVA, des dépenses, des encaissements et de la trésorerie. Legalstart ou un service équivalent peut aider à créer la société, mais ne remplace ni l’expert-comptable ni le suivi quotidien de l’activité.

Avant de mettre fin au contrat de travail en portage, il faut aussi regarder la forme de sortie choisie et ses conséquences éventuelles sur l’assurance chômage. Une démission n’ouvre pas, en principe, les mêmes droits qu’une rupture involontaire du contrat. Consultez notre article sur l’assurance chômage en portage salarial.

Passer de la SASU au portage salarial

Le passage inverse est aussi possible. Il peut être pertinent lorsque le consultant ne souhaite plus gérer une société pour une activité essentiellement composée de missions de conseil ou d’expertise.

Là encore, la bascule doit être organisée avec le client, l’ESN ou le cabinet intermédiaire : la société de portage devient le cocontractant et la SASU cesse de facturer la mission à compter d’une date claire. Avant de fermer la société, il faut régler les factures, la TVA et les dépenses, puis décider du devenir de la trésorerie restante après impôt sur les sociétés.

Pour la mise en place opérationnelle, lisez notre guide pour passer en portage salarial en cours de mission.

Ce que nous en pensons

Pour un consultant qui vend principalement son temps et son expertise, le portage salarial est généralement plus cohérent qu’une SASU. Les cotisations sur un salaire de président de SASU restent proches de celles du portage. Les frais de gestion doivent être comparés au coût d’un expert-comptable, des outils, des assurances et du temps de gestion.

Nous identifions toutefois deux situations où la SASU peut se justifier : un vrai projet de développement d’entreprise ou des droits ARE déjà ouverts qui permettent de couvrir temporairement les besoins personnels du consultant. Dans ce second cas, la SASU peut aider à laisser la trésorerie dans la société pendant les premiers mois.

Cet avantage est de court terme. L’ARE ne dure pas indéfiniment et la rémunération de président de SASU ne crée pas de nouveaux droits à l’assurance chômage. Le choix du statut doit donc rester cohérent une fois les droits ARE épuisés.

Avant de choisir, comparez les deux options à partir de votre TJM, du nombre de jours facturés, de vos frais professionnels, du salaire dont vous avez besoin, de vos droits ARE éventuels et de vos projets personnels. Nexoris Portage peut reprendre ces éléments avec vous pour déterminer si le portage est adapté à votre mission.

Sources

  • Code du travail, articles L. 1254-1 et suivants sur le portage salarial.

  • Service-Public.fr, SASU : ce qu’il faut savoir.

  • France Travail, création ou reprise d’entreprise et maintien de l’ARE.

  • France Travail, protection chômage des dirigeants d’entreprise.

Code du travail · Service-Public.fr · France Travail — création d’entreprise · France Travail — dirigeants

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