Le préavis en CDI est la période comprise entre la notification d'une rupture du contrat et sa date effective. Sa durée et ses modalités changent selon qu'il s'agit d'une démission, d'un licenciement ou d'un départ à la retraite.
Le point décisif : il faut toujours vérifier la convention collective applicable, le contrat de travail et les éventuels usages de l'entreprise. Ce guide présente les règles de référence en 2026, sans remplacer l'analyse de votre situation personnelle.
En bref
- En cas de démission, la durée est principalement fixée par la convention collective, le contrat ou les usages.
- En cas de licenciement, la loi prévoit en principe un mois de préavis entre 6 mois et moins de 2 ans d'ancienneté, puis deux mois à partir de 2 ans.
- Une dispense demandée par l'employeur ouvre en principe droit à une indemnité compensatrice ; une dispense demandée par le salarié et acceptée n'y ouvre pas droit.
- Le préavis n'est pas une simple formalité : sa date de fin fixe celle du contrat et de la remise des documents de fin de contrat.
Qu'est-ce que le préavis en CDI ?
Pendant le préavis, le salarié reste lié à l'employeur : il poursuit son travail dans les conditions habituelles et perçoit sa rémunération. À son terme, le contrat est rompu et l'employeur remet notamment le certificat de travail, le reçu pour solde de tout compte et l'attestation destinée à France Travail.
Quel est le point de départ du préavis ?
Pour une démission, le préavis commence lorsque l'employeur a connaissance de la décision. Une remise en main propre contre décharge le fait courir le jour même ; par lettre recommandée, le point de départ dépend de la présentation du courrier. Certaines conventions collectives peuvent prévoir une règle différente.
Pour un licenciement, le préavis commence en principe à la première présentation de la lettre de licenciement. La date exacte doit être conservée : elle détermine la fin du contrat et les démarches qui suivent.
Quelle durée de préavis appliquer ?
Il n'existe pas une durée unique pour tous les CDI. En cas de démission, consultez d'abord la convention collective, puis le contrat de travail et les usages. Pour les salariés couverts par la convention Syntec, par exemple, les ingénieurs et cadres sont généralement soumis à trois mois de préavis ; les règles peuvent différer pour les ETAM selon leur ancienneté et leur coefficient.
En cas de licenciement, le minimum légal est fixé à un mois pour une ancienneté comprise entre six mois et moins de deux ans, puis à deux mois à partir de deux ans. Pour moins de six mois d'ancienneté, la convention collective ou les usages déterminent la durée. Des dispositions plus favorables peuvent s'appliquer.

Cas particuliers : période d'essai, retraite et professions spécifiques
Une rupture pendant la période d'essai n'entraîne pas un préavis classique, mais un délai de prévenance. Lorsqu'elle est à l'initiative du salarié, ce délai est de 24 heures si sa présence est inférieure à 8 jours et de 48 heures au-delà. À l'initiative de l'employeur, il varie avec la durée de présence, dans la limite d'un mois.
En cas de départ volontaire à la retraite, la durée est en principe alignée sur le préavis de licenciement : la convention collective, le contrat ou les usages peuvent toutefois prévoir mieux. Les journalistes, VRP et salariés relevant de régimes particuliers doivent vérifier leurs textes spécifiques : leurs durées ne se déduisent pas automatiquement de la règle générale.
Préavis et arrêt de travail : quand est-il suspendu ?
En principe, un arrêt maladie ordinaire ne prolonge pas le préavis. En revanche, un accident du travail ou une maladie professionnelle survenant pendant le préavis le suspend et le prolonge d'une durée équivalente. Des congés payés fixés avant la notification ou un accord entre les parties peuvent aussi modifier le calendrier.
Dispense de préavis et indemnité compensatrice
L'employeur peut dispenser un salarié d'exécuter son préavis. Lorsqu'il prend seul cette initiative, il doit en principe verser une indemnité compensatrice correspondant à la rémunération qui aurait été perçue jusqu'au terme initial. Si le salarié demande par écrit à être dispensé et que l'employeur accepte, cette indemnité n'est normalement pas due.
Dans le cadre d'un licenciement pour inaptitude, le préavis n'est pas exécuté. Si l'inaptitude est d'origine professionnelle, le salarié perçoit une indemnité d'un montant égal à l'indemnité compensatrice de préavis ; si elle ne l'est pas, aucune indemnité compensatrice n'est due en principe, sous réserve de dispositions conventionnelles plus favorables.

Que risque-t-on en cas de non-respect ?
Un salarié ne peut pas cesser unilatéralement de travailler avant la fin de son préavis. L'employeur peut demander une indemnité correspondant au préavis non exécuté et, s'il prouve un préjudice distinct, solliciter des dommages et intérêts. De son côté, l'employeur qui prive sans motif le salarié de son préavis peut devoir verser l'indemnité compensatrice.
Les bons réflexes avant la fin du contrat
- Relire la convention collective, le contrat de travail et tout avenant.
- Faire confirmer par écrit la date de notification, la durée et la date de fin du préavis.
- Formaliser toute dispense ou tout aménagement par écrit.
- Vérifier les congés, primes, frais et documents qui figureront dans le solde de tout compte.
- Anticiper les démarches France Travail selon le mode de rupture.
Vérifier son solde de tout compte
Préavis et portage salarial : préparer la suite
Pour un consultant qui envisage le portage salarial, la fin d'un CDI peut être le moment de préparer sa prochaine mission, son niveau de revenu et les formalités de transition. Le préavis peut être mis à profit pour simuler son activité et organiser son démarrage, tout en respectant son obligation de loyauté envers son employeur actuel.
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Sources officielles
Service-Public : démission d'un salarié en CDI
Service-Public : préavis de licenciement
Service-Public : indemnités en cas de licenciement pour inaptitude

