Vous souhaitez exercer en France en portage salarial. Votre titre de séjour doit autoriser cet emploi salarié. Selon sa catégorie, l’employeur doit obtenir une autorisation de travail distincte ou en est dispensé. Vérifiez-le avant l’embauche ou un changement de société de portage.
Être autonome dans ses missions avec un employeur en France
Vous choisissez vos clients et négociez la prestation, son prix et ses conditions d’exécution. La société de portage gère le contrat commercial, la facturation, les déclarations sociales et la paie. La recherche de missions reste votre responsabilité.
Vous êtes salarié de la société de portage. Une carte entrepreneur ou profession libérale ne couvre pas à elle seule cet emploi salarié.
Le portage exige expertise et autonomie, une qualification professionnelle de niveau 5, généralement bac +2, ou trois ans d’expérience significative dans le même secteur. Ces conditions d’accès au portage diffèrent des qualifications exigées pour un titre talent. Notre guide pour vérifier si le portage correspond à votre profil aide à préparer ce choix.
Faut-il une autorisation de travail distincte en portage salarial ?
Pour un consultant non européen relevant du régime général, la mention du titre détenu détermine la démarche à engager avec la société de portage.
Votre situation | Démarche et responsable |
|---|---|
Carte de résident délivrée en France ou carte talent famille | La société de portage est dispensée de demander une autorisation de travail distincte. Présentez-lui votre titre valide. Un autre titre familial peut aussi vous en dispenser, si sa mention ouvre l’emploi salarié. |
Carte salarié ou travailleur temporaire | La société de portage demande l’autorisation de travail pour le nouveau contrat. Si vous changez de société de portage, vous changez d’employeur même si vous gardez le même client. |
Carte talent professionnelle | Aucune autorisation distincte n’est requise. Vérifiez avec la société de portage que l’emploi respecte les conditions de votre parcours talent. |
Votre titre ne couvre pas cet emploi | Vous demandez un statut adapté. La société de portage sollicite une autorisation de travail si la voie retenue l’exige. |
Dans le régime général, une carte étudiant n’autorise qu’une activité salariée accessoire, sans couvrir un temps plein toute l’année. Les ressortissants algériens relèvent d’un accord spécifique, auquel les règles talent ne se transposent pas.
Talent salarié qualifié ou carte bleue : sans autorisation distincte
Deux parcours talent peuvent convenir au portage. L’expression « passeport talent » reste courante, mais les mentions actuelles utilisent « talent » :
Parcours | Principales conditions de l’emploi et du consultant |
|---|---|
Talent salarié qualifié, parcours diplôme | Diplôme obtenu en France au moins équivalent au master, ou diplôme admissible labellisé par la Conférence des grandes écoles ; contrat de travail de plus de trois mois ; rémunération brute annuelle d’au moins 39 582 euros. |
Talent carte bleue européenne | Emploi hautement qualifié ; contrat d’au moins six mois ; rémunération brute annuelle d’au moins 59 373 euros ; diplôme sanctionnant trois années d’études supérieures ou cinq ans d’expérience comparable. Pour certaines professions, trois ans d’expérience pertinente sur les sept années précédentes peuvent convenir. |
Ces critères, vérifiés au 12 octobre 2026, figurent dans la fiche officielle des cartes talent. Le salaire requis ne remplace pas les conditions de diplôme ou d’expérience du parcours.
Le parcours entreprise innovante dépend de la société de portage employeur : un client innovant ne suffit pas. Le parcours « salarié en mission » concerne une mobilité intragroupe, pas toute mission de conseil. Un titre chercheur repose sur sa convention d’accueil.
La voie salarié avec autorisation de travail
Si vous ne remplissez pas les critères talent, un CDI peut fonder une demande de titre salarié ; un CDD relève de la voie travailleur temporaire.
L’administration examine l’emploi, la rémunération et le respect des obligations de l’employeur. Dans le cas général, l’emploi doit figurer parmi les métiers en tension ou avoir fait l’objet d’une recherche de candidats conforme aux règles applicables. Des exceptions dépendent notamment du diplôme et du statut antérieur.
Quels documents préparer avec la société de portage ?
Faites préciser par l’employeur le poste, la qualification, le contrat et la rémunération brute prévue. Une mission négociée aide à financer ces engagements. Le tarif journalier facturé au client, ou TJM, n’est pas le salaire brut demandé pour le titre. Le minimum conventionnel du portage ne remplace pas non plus les seuils talent.
Pour un dossier talent, demandez l’attestation employeur correspondant au parcours retenu. Le modèle officiel du portail de séjour en ligne ANEF décrit l’emploi, la qualification, le CDI ou les dates du CDD et un montant de salaire brut mensuel, avec les avantages indiqués séparément. L’employeur y atteste les engagements réels du contrat, y compris au renouvellement, sans relevé mois par mois.
Pour une autorisation de travail distincte, transmettez à l’employeur votre justificatif d’identité depuis l’étranger, ou votre document de séjour valide depuis la France. La société de portage dépose la demande en ligne avec les justificatifs demandés pour l’entreprise et, lorsqu’ils sont requis, ceux du recrutement. Ce dossier est distinct de l’attestation talent et de votre demande de titre.
Pour votre titre talent, rassemblez les pièces : passeport, visa ou titre actuel selon la situation, domicile, e-photo, diplôme ou justificatifs d’expérience, et CV pour la carte bleue. Suivez la liste officielle propre à votre catégorie.
Depuis l’étranger ou depuis la France : les démarches dans l’ordre
Vous résidez à l’étranger
- La société de portage prépare l’emploi. Dans la voie salarié ou travailleur temporaire, elle demande l’autorisation de travail avant votre entrée en France, puis vous la transmet. Pour un parcours talent adapté, elle fournit les justificatifs employeur sans autorisation distincte.
- Vous demandez le visa adapté. Préparez votre demande sur France-Visas et suivez les consignes de dépôt pour votre pays de résidence. Pour la voie salarié ou travailleur temporaire, vous joignez l’autorisation de travail obtenue par l’employeur.
- À l’arrivée, suivez les formalités du visa. Un visa de long séjour valant titre de séjour, ou VLS-TS, salarié vous permet de travailler dès votre arrivée ; vous le validez dans les trois mois. Pour le talent, validez le VLS-TS ou demandez la carte sur l’ANEF, selon le visa délivré.
Vous résidez déjà régulièrement en France
- Vous présentez votre titre à la société de portage, recto verso pour une carte. Elle vérifie sa mention, sa validité et l’emploi qu’il autorise.
- La société de portage demande l’autorisation si elle est nécessaire. Sous carte salarié ou travailleur temporaire, elle dépose la demande en ligne pour le nouveau contrat et vous transmet l’accord.
- Vous demandez le nouveau statut si votre titre ne suffit pas. Les demandes talent passent par l’ANEF. Pour la voie salarié ou travailleur temporaire, suivez la procédure de votre préfecture et joignez l’autorisation de travail correspondante.
Une carte salarié valide et la nouvelle autorisation couvrant le CDI permettent le démarrage. L’autorisation seule ne remplace pas le document de séjour. En changement de statut, vérifiez avec l’employeur si votre titre ou le document provisoire reçu autorise cet emploi. Aucun dépôt de demande d’autorisation ou sur l’ANEF ne crée ce droit.

Conserver les protections du salariat
Vous relevez du cadre salarié pour l’assurance maladie et les prestations associées, et cotisez pour la retraite de base et complémentaire. La mutuelle et la prévoyance de l’employeur complètent les protections selon les garanties du contrat. L’assurance chômage s’applique aux salariés portés, sous ses conditions d’ouverture et de versement, comme le rappelle France Travail.
Ces protections ne constituent pas un salaire permanent entre les missions. En CDI de portage, les périodes sans prestation ne sont pas rémunérées par principe.
Renouveler le titre lorsque les missions évoluent ou s’arrêtent
Le renouvellement dépend du maintien des conditions du titre détenu. Pour un titre talent, la demande en ligne se prépare entre quatre et deux mois avant l’expiration du document.
CDI maintenu : un emploi peut rester en cours après la mission
Le CDI peut continuer après la prestation ; l’employeur peut alors attester cet emploi en cours. La seule rupture commerciale ne met pas fin au contrat de travail, conformément à l’article L1254-8 du Code du travail. Le renouvellement reste possible si les critères de votre carte sont remplis ; le CDI et les salaires passés ne suffisent pas à l’établir.

Pour le talent salarié qualifié, parcours diplôme, l’annexe 10 du CESEDA prévoit une attestation employeur au renouvellement. Pour la carte bleue, elle prévoit également les justificatifs de qualification, dont diplôme ou expérience et CV, sous réserve des dispenses applicables. Ces rubriques ne prévoient ni nouvelle mission client à produire, ni lettre expliquant l’intermission, ni bulletins de paie systématiques.
L’administration peut demander des compléments dans votre dossier. Si elle réclame des bulletins, vous fournissez ceux de la période demandée. Des paies anciennes documentent des versements passés ; elles ne remplacent pas automatiquement le salaire à attester. Aucune méthode nationale spécifique identifiée ne permet de fixer celui d’un CDI de portage intermittent en divisant systématiquement les anciennes paies par douze.
Pour une carte salarié avec le même emploi, les pièces diffèrent : autorisation de travail correspondante et élément de la déclaration sociale nominative vous concernant, ou attestation d’activité professionnelle des douze derniers mois selon la liste applicable. Partez de votre mention exacte, plutôt que d’un dossier talent.
CDD effectivement terminé : les règles dépendent du titre
Après un CDD, une carte travailleur temporaire se renouvelle sur un nouveau CDD, pas sur la seule indemnisation chômage. Les talents salarié qualifié (parcours diplôme ou entreprise innovante) et carte bleue peuvent, en cas de perte involontaire d’emploi à l’échéance, être renouvelés pour la durée des droits acquis au chômage, selon les articles L421-9 et L421-11.
Pour exercer durablement en portage, privilégiez le CDI : le contrat peut continuer entre deux missions et l’employeur attester l’emploi en cours. Le renouvellement reste soumis aux conditions du titre ; un CDI actif sans mission n’est pas automatiquement une perte d’emploi.
Vérifiez votre titre de séjour avec la société de portage avant de commencer
Avant le démarrage, vérifiez avec la société de portage le titre couvrant l’emploi, l’autorisation de travail éventuellement nécessaire et les documents qu’elle pourra attester. Préparez ainsi votre activité et votre renouvellement.
